Le remboursement des médicaments anti-obésité, tels que Wegovy® et Mounjaro®, marque une avancée importante dans la prise en charge de l’obésité en France. Réservés aux patients répondant à des critères médicaux précis, ces traitements offrent de nouvelles perspectives thérapeutiques. Mais une question reste essentielle : comment garantir une perte de poids durable au-delà du traitement médicamenteux ?
C’est précisément le sujet abordé dans l’émission Santé Future diffusée sur B SMART, présentée par Alix Nguyen. Aux côtés d’Élise Bourgeois, directrice de la recherche de la Ligue Nationale Contre l’Obésité, et d’Hervé Bonnaud, président de Nex&Com, Damien Cacaret, docteur en pharmacie et directeur général du réseau RNPC, est revenu sur les enjeux du remboursement de ces traitements et sur les conditions indispensables à leur efficacité à long terme.
Pour en savoir plus sur les modalités de prise en charge, consultez également notre article dédié : Remboursement de Wegovy® et Mounjaro® en 2026 :
https://www.rnpc.fr/remboursement-wegovy-mounjaro-2026/
Qui peut bénéficier du remboursement des médicaments anti-obésité ?
Ce remboursement constitue une évolution majeure dans la lutte contre une maladie chronique qui touche aujourd’hui près d’un Français sur deux si l’on additionne le surpoids et l’obésité.
Afin de garantir leur bon usage, ces traitements sont réservés à des patients répondant à des critères précis définis par les autorités de santé. Ils concernent notamment les personnes présentant :
- Un IMC supérieur ou égal à 40 kg/m² ;
- Ou un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m², associé à une comorbidité comme le diabète de type 2, l’hypertension artérielle ou le syndrome d’apnée du sommeil.
Pour Damien Cacaret, cette réglementation est essentielle afin que ces traitements bénéficient aux patients qui en ont réellement besoin.
« C’est une avancée majeure. Pour la première fois, nous disposons de molécules ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché spécifiquement pour la perte de poids. »
Mais il rappelle également un point fondamental :
« Nous souhaitons avant tout mettre en avant le bon usage de ces médicaments. Ce ne sont pas des piqûres magiques. Ils doivent être prescrits dans un cadre précis et toujours associés à un véritable accompagnement. »
Les médicaments anti-obésité suffisent-ils pour perdre du poids durablement ?
L’un des messages forts de l’émission est sans ambiguïté : non.
Les traitements comme Wegovy® ou Mounjaro® représentent un levier thérapeutique efficace lorsqu’ils sont indiqués, mais ils ne remplacent pas les changements durables des habitudes de vie.
Les autorisations de mise sur le marché précisent d’ailleurs qu’ils doivent être associés à trois piliers essentiels :
- Une alimentation adaptée et hypocalorique ;
- Une activité physique régulière ;
- Un accompagnement médical et nutritionnel dans la durée.
Comme le rappelle Damien Cacaret :
« La perte de poids est une étape. Ce qui compte surtout, c’est d’accompagner le patient pour qu’il devienne autonome. Sans changement durable des habitudes de vie, le risque de reprise de poids reste important après l’arrêt du traitement. »
Cette complémentarité est au cœur de l’approche développée par RNPC. Le programme accompagne les patients avant, pendant et après un traitement par analogues du GLP-1 afin de favoriser des résultats durables.
👉 Découvrez comment le programme RNPC complète les traitements par GLP-1 :
https://www.rnpc.fr/programme-rnpc-complement-glp1-wegovy-mounjaro/
Pourquoi un accompagnement nutritionnel est-il indispensable ?
L’obésité est aujourd’hui reconnue comme une maladie chronique multifactorielle. Les traitements médicamenteux peuvent faciliter la perte de poids, mais ils ne corrigent pas, à eux seuls, les comportements alimentaires, la sédentarité ou les autres facteurs impliqués dans la maladie.
Pour Damien Cacaret, la réussite repose sur une prise en charge globale permettant au patient de retrouver progressivement son autonomie.
« Lorsque l’on additionne le surpoids et l’obésité, cela concerne près d’un Français sur deux. Nous devons proposer une approche plus globale pour accompagner ces patients, qui sont souvent isolés face à leur maladie. »
L’objectif dépasse la simple perte de poids. Il s’agit également de :
- retrouver une alimentation équilibrée ;
- reprendre une activité physique adaptée ;
- réduire la sédentarité ;
- préserver la qualité de vie ;
- maintenir les résultats dans le temps.
Pour mieux comprendre le rôle du GLP-1, hormone naturellement impliquée dans la régulation de la satiété et cible de ces nouveaux traitements, découvrez notre article dédié :
👉 https://www.rnpc.fr/glp-1-decouverte-fonctionnement-hormone-satiete/
Comment préserver sa masse musculaire pendant un traitement ?
Perdre du poids ne signifie pas uniquement perdre de la masse grasse.
Lorsque les apports alimentaires diminuent fortement sans accompagnement adapté, une partie de la perte peut concerner la masse musculaire, augmentant le risque de fatigue, de diminution des capacités physiques et de reprise de poids à long terme.
Damien Cacaret insiste sur ce point de vigilance :
« Si l’on mange moins sans être accompagné, on s’expose à un risque de dénutrition et de perte importante de masse musculaire. Il est donc indispensable d’assurer un suivi nutritionnel et de maintenir une activité physique adaptée. »
L’objectif est donc de préserver la santé globale du patient, en favorisant une perte de masse grasse tout en maintenant la masse musculaire grâce à un apport nutritionnel adapté et à une activité physique régulière.
Le programme RNPC : un accompagnement complémentaire aux traitements médicamenteux
Depuis plus de vingt ans, le réseau RNPC accompagne les patients dans leur perte de poids grâce à une approche globale fondée sur :
- une rééducation nutritionnelle personnalisée ;
- un suivi régulier par des professionnels formés ;
- une reprise progressive de l’activité physique ;
- l’acquisition d’habitudes de vie durables.
L’arrivée des traitements anti-obésité ne remet pas en cause cette approche. Au contraire, lorsqu’ils sont indiqués, ils peuvent s’intégrer dans une stratégie thérapeutique globale où chaque levier agit de manière complémentaire.
Comme l’a rappelé Damien Cacaret sur le plateau de Santé Future, l’objectif n’est pas d’opposer médicaments et accompagnement nutritionnel, mais de permettre aux patients de bénéficier de toutes les solutions validées scientifiquement afin d’améliorer leurs chances de réussite à long terme.
Une approche multidisciplinaire soutenue par les experts
Au cours de l’émission, Élise Bourgeois, directrice de la recherche de la Ligue Nationale Contre l’Obésité, a rappelé que la prise en charge de l’obésité devait nécessairement être pluridisciplinaire.
« La prise en charge du patient doit être pluridisciplinaire. Le médecin traitant doit être pleinement intégré au parcours de soins et être formé à la prise en charge de l’obésité. Il est également essentiel d’y associer un accompagnement psychologique, une activité physique adaptée ainsi qu’un suivi par une diététicienne formée. »
Cette vision rejoint pleinement les recommandations des autorités de santé : les médicaments anti-obésité constituent un outil thérapeutique lorsqu’ils sont indiqués, mais leur efficacité repose sur un parcours de soins coordonné, personnalisé et inscrit dans la durée.
▶ Visionner l’émission sur B SMART :
Santé Future – Émission du 17 juillet 2026 sur B SMART
▶ Ou regarder l’interview sur Dailymotion :
Santé Future – Émission du 17 juillet 2026 sur Dailymotion
Qui peut bénéficier du remboursement ?
Les traitements remboursés sont destinés aux patients répondant aux critères fixés par les autorités de santé, notamment en fonction de leur IMC et de la présence éventuelle de comorbidités.
Quels sont les critères d’IMC ?
À la date de publication de cet article, le remboursement concerne notamment les patients présentant un IMC ≥ 40 kg/m² ou un IMC ≥ 35 kg/m² avec une comorbidité associée.
Les médicaments permettent-ils de perdre du poids durablement ?
Ils facilitent la perte de poids, mais leur efficacité à long terme dépend de l’adoption de nouvelles habitudes alimentaires, d’une activité physique régulière et d’un accompagnement médical et nutritionnel.
Pourquoi un suivi nutritionnel est-il recommandé ?
Un accompagnement permet de limiter les carences, de préserver la masse musculaire et de favoriser une perte de poids plus durable, tout en aidant le patient à adopter des habitudes de vie pérennes.
